PLOTIN : du Bien

Peut-on dire que pour chaque être le bien soit autre chose que d'agir et de vivre conformément à la nature (02) ; que, pour un être composé de plusieurs parties, le bien ne consiste pas dans l'action de la meilleure partie de lui-même, action qui lui soit propre, naturelle, et qui ne lui fasse jamais défaut? S'il en est ainsi, le bien pour l'âme est d'agir conformément à la nature. Si de plus l'âme, étant elle-même un être excellent, dirige son action vers quelque chose d'excellent, le bien qu'elle atteint n'est pas seulement le bien par rapport à elle, c'est le Bien absolu. S'il est donc un principe qui ne dirige son action vers aucune autre chose, parce qu'il est le meilleur des êtres, qu'il est même au-dessus de tous les êtres, que tous les autres êtres tendent vers lui, évidemment c'est là le Bien absolu par la vertu duquel les autres êtres participent du bien.

Or les autres êtres ont deux moyens de participer du bien : l'un, c'est de lui devenir semblables; l'autre, c'est de diriger leur action vers lui. Si diriger son désir et son action vers le meilleur principe est un bien, il en résulte que le Bien absolu lui-même doit ne regarder ni désirer aucune autre chose, rester dans le repos, être la source et le principe de toutes les actions conformes à la nature, donner aux autres choses la forme du bien, sans agir sur elles; ce sont elles au contraire qui dirigent leur action vers lui.

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit et il rendit ce témoignage :"Amen amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera."