Son oeuvre

Conférence de l'Abbé J.O. NERI sur la "Transfiguration"

A l'occasion de la 3ème édition de l'ouvrage du père Georges HABRA sur la Transfiguration selon les pères grecs, le père José-Oscar NERI a bien voulu partager avec ses amis de l'AEEPE ses réflexions sur ce livre lors d'une conférence spéciale donnée le samedi 27 mai 2017.

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1. Après avoir rappelé le thème du livre, le père NERI précise qu'il va s'appuyer sur les pères latins pour commenter l'ouvrage afin de montrer leur complémentarité avec les écrivains orientaux. En effet, si la démarche des premiers chemine de l'homme vers Dieu, celles des seconds part de la connaissance de Dieu pour aller vers l'homme dans les limites permises par l'incarnation et la condescendance qui en est la conséquence. C'est pourquoi entre les deux traditions, grecque et latine, il n'y a pas opposition mais une même harmonie contemplée de deux point de vue différents, comme si on regardait la cathédrale de Reims de face, puis de côté.

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2. Dans cette deuxième partie de la vidéo, le père NERI évoque la notion de sympathie qui résume cette action divine manifestée par la Transfiguration. Sympathie doit être entendu ici dans son sens premier dont l'éthymologie issue du grec se rapproche du terme "compassion" ou "condoléance" : parce que le Christ a voulu réconforter ses disciples avant de souffrir sa Passion et manifester sa gloire. Mais les anciens avaient, avant même le christianisme, cette idée de l'action permanente de Dieu sur l'univers et le père NERI cite une étonnnante citation de Ciceron à cet égard.

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3. Tout semble mystérieusement converger vers la Transfiguration en ce jour. Le père NERI évoque sa relation personnelle et providentielle avec cette fête : en particulier le fait que son propre père soit né le jour de la Transfiguration et qu'il ait souhaité que son fils fasse sa première communion le jour même de cette solennité. Ces circonstances toutes personnelles l'ont conduit à avoir un "regard particulier sur ce mystère".

Le père rappele que justement la veille de cette conférence, le 26 mai, était la fête de saint Philippe Néri dont les oratoriens, ses disciples romains, ont pu dire : "qu'il a perçu dans les transfigurés du Thabor, les signes transparents du Dieu invisible". Surprenant.

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4. Autre fête, celle qui concerne le saint du jour : Bède le Vénérable, qui vécut en Angleterre et est moins connu que Philippe Néri, mais néanmoins a pendant longtemps constitué une référence chez les grands scolastiques. Saint Bède évoque la vocation de saint Matthieu, et sa rencontre avec le Christ au bureau des douanes lorsqu'Il lui dit : "Suis-moi" qui veut signifier en fait : "imites-moi".

Or Il vit Matthieu, dit saint Bède : "non pas tant avec les yeux du corps, qu'avec le regard intérieur de sa miséricorde". Et le père NERI d'ajouter : "C'est ça le Christ !" en rappelant que saint Jean Chrysostome se plait à appeler le Christ "le meilleur ami des hommes". Il le vit dit saint Bède, "d'un regard qui prend pitié". Et pour le père NERI, lorsque le Christ appelle Matthieu à le suivre, il fait quelque chose de semblable à ce qu'il accomplit sur le Thabor en dévoilant sa majesté.

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5. Dans cette séquence, le père NERI retrace l'histoire de cette fête de la Transfiguration dans le calendrier liturgique, surtout celui des églises d'Orient qui la considèrent comme l'une des fêtes majeures de l'année depuis le Vè siècle, à l'inverse de l'Occident qui semble y porter un moindre intérêt. Il est probable que la date du 6 août ait été choisie en fonction de la fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix qui a lieu le 14 septembre, soit 40 jours plus tard. En effet, selon certains évangiles apocryphes, la Transfiguration se serait déroulée précisément 40 jours avant la Crucifixion.

En France, au début du XIIème siècle, Pierre le Vénérable, Abbé de CLUNY, se fait le propagandiste fervent de la fête. Il l'inscrit au calendrier clunisien en 1132 et compose un office de la transfiguration et une lettre aux moines latins du Mont Thabor révèle quelle place le Christ rayonnant de gloire devait tenir dans sa contemplation.

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6. Dans cette dernière partie de son intervention, le père NERI se réfère à saint Augustin et à un passage tiré de son Traité sur l'Evangile de saint Jean où il commente ces paroles de Jésus : "Nul ne vient à moi, si mon Père de l'attire". Or le saint s'interroge alors sur ce qui reste de liberté humaine dans ce cas. Mais ce n'est pas assez d'être entrainé volontairement, encore faut-il l'être "avec plaisir". Car "le coeur qui éprouve la douceur du pain céleste ressent un véritable plaisir" dit saint Augustin, et "chacun est conduit par l'attrait de ses propres penchants "(Virgile).

Trouvons donc nos délices "dans la vérité, la béatitude, la justice, la vie éternelle". Et cette ultime exhortation clôt la conférence.

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En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit et il rendit ce témoignage :"Amen amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera."