Autres latins

Le christiannisme africain

A lire : l'Eglise des premiers siècles de Maurice Vallery-Radot (Perrin 1999)

1. Avant saint Augustin, deux figures de proue se sont déjà illustrées dans l'histoire de l'Afrique chrétienne : Tertullien et saint Cyprien, l'un et l'autre Pères de l'Eglise et premiers Pères latins, dont l'influence sur l'Eglise d'occident est considérable.

Pourquoi Rome dans cette région ?

C'est la conséquence de sa rivalité avec Carthage, ancienne colonie phénicienne devenue une puissance redoutable, impatiente de conquérir l'hégémonie en méditerranée, ce qui rend inévitable le conflit. Les carthaginois allaient triompher quand au soir de la bataille de Cannes, en 216 avant J-C, l'armée romaine étant défaite, Hannibal n'avait plus qu'à marcher sur Rome pour s'en rendre maître.
Maharbal, commandant la cavalerie punique, pressa Hannibal d'exploiter sans attendre cet avantage en ordonnant de faire immédiatement route vers Rome. Mais celui-ci hésite, alléguant la fatigue de l'armée. et remet à plus tard cet assaut ; ce moment d'indécision lui est fatal et va influer définitivement sur le sort du monde : il sauvait Rome et perdait Carthage.

Une province romaine

Après s'être remise d'une alerte aussi chaude, Rome n'eût dès lors qu'une seule préoccupation : "il faut détruire Carthage" (delenda est Carthago). Ce sera la tâche de Scipion l'Africain en 146 avant J-C. De cette Afrique du nord carthaginoise, Rome fit une province sénatoriale, l'Africa vetus, sous l'autorité d'un proconsul. Le Panthéon de Rome remplace les dieux de Chanaan et la langue latine se substitue à la punique. En 44 avant J-C, César restaure les ruines de Carthage et annexe le royaume berbère de Numidie désormais Africa nova, fusionné avec l'Africa vetus. Une légion assure le maintien de l'ordre avec un état-major installé dans l'Aurès.

L'empereur africain Septime Sévère, originaire de Leptis Magna, contribue à la promotion de sa province d'origine, embellit sa ville natale et s'élèvent alors des villes admirables comme Timgad ou Djemila dont les ruines nous émerveillent encore. En 180, le proconsul d'Afrique Vigellius Saturnius fait arrêter à Scilli, ville de Numidie aujourd'hui disparue des chrétiens qu'il fait condamner à mort à Carthage. En 203, un groupe important de chrétiens est martyrisé dont deux jeunes femmes originaires de Tuburbo minus : Perpétue, une patricienne et Félicité son esclave, et c'est d'ailleurs à Tertullien que nous devons le récit de la captivité et du martyre de ces chrétiens d'Afrique.

En 212, nouvelle persécution due au proconsul Scapula que Tertullien invectivera dans son pamphlet Ad Scapulam. Il y a donc une forte implantation chrétienne en Afrique du nord à cette époque, attestée par Tertullien lui-même quand il écrit : "Nous remplissons vos places, vos marchés, vos amphitéâtres." Il se tient d'ailleurs en 216 un concile à Carthage et 71 évêques africains y participent. Mais cette église africaine est une fille de Rome, c'est d'ailleurs sa faiblesse, car elle est trop liée aux institutions latines pour leur survivre.

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit et il rendit ce témoignage :"Amen amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera."